Le partage des revenus, ou revenue share, est un accord qui répartit l'argent de chaque vente en pourcentage au lieu d'un prix fixe. Une plateforme garde 10 % de vos ventes. Une co-autrice touche 40 % d'une formation construite à deux. Un affilié perçoit 30 % de chaque vente qu'il vous apporte. Le principe ne change pas : les ventes rentrent, une part repart.

Créateurs, coachs et petites marques le rencontrent à chaque étape. Au moment de choisir une plateforme de vente, de créer un produit à plusieurs, de travailler avec quelqu'un qui préfère un intéressement à une facture, ou de lancer un programme partenaire. À chaque fois, quelques points de pourcentage décident de qui gagne quoi pendant des années.

Qu'est-ce que le partage des revenus ?

Le partage des revenus est un mode de rémunération dans lequel une partie verse à une autre un pourcentage du chiffre d'affaires généré par un produit, un canal ou une collaboration. Il remplace ou complète un montant fixe.

Les formes les plus courantes :

  • Commission de plateforme : l'outil par lequel vous vendez garde un pourcentage de chaque vente. Les stores d'applications et certaines plateformes pour créateurs fonctionnent ainsi.
  • Répartition entre co-créateurs : deux créateurs conçoivent une formation ou une offre groupée et se partagent les ventes, par exemple 50/50 ou 60/40.
  • Commission d'affiliation : la personne qui vous envoie des acheteurs touche une part des ventes générées.
  • Accord de prestation : un monteur, un graphiste ou une agence travaille contre une part des revenus, à la place ou en plus d'une facture. Voir le modèle d'agence.
  • Licence : une marque vous verse un pourcentage pour utiliser votre contenu ou votre nom sur son produit.

Le partage des revenus n'est pas un partage des bénéfices. Les revenus, c'est ce que paient les clients. Le bénéfice, c'est ce qui reste après les coûts. Céder 20 % du chiffre d'affaires sur un produit à 30 % de marge vous laisse 10 %, et plus rien si les coûts augmentent. Ce n'est pas non plus une commission fixe par vente, comme 5 € par commande, qui ne suit pas le prix.

Pourquoi c'est important

Un pourcentage paraît modeste sur une vente et pèse lourd sur une année. Prenons une coach qui vend un programme à 300 €, 50 ventes par mois, soit 15 000 € par mois et 180 000 € par an.

  • Avec une plateforme qui garde 10 %, la plateforme touche 18 000 € par an.
  • Avec 5 %, 9 000 € par an.
  • Avec 0 % et seulement les frais du prestataire de paiement, autour de 2 %, environ 3 600 € par an partent en frais de traitement, et rien à la plateforme.

Ajoutons une co-créatrice à 40 % du chiffre d'affaires brut. Sur 180 000 €, elle reçoit 72 000 €. Si la part est calculée sur le net, après frais de traitement, remboursements et commission de plateforme, la base diminue, et la part aussi. Le choix de la base change le résultat de plusieurs milliers d'euros, et c'est précisément ce que la plupart des accords oublient d'écrire.

Comment le calculer

Toute répartition repose sur trois définitions : la base, le pourcentage et le calendrier.

  • Définissez la base. Le brut, c'est le prix payé par les clients. Le net retire les frais de traitement, les remboursements, les rétrofacturations, les taxes et parfois les remises. Écrivez précisément ce qui est retiré.
  • Appliquez le pourcentage. Part = base × pourcentage. Pour 40 % de 10 000 € nets, le partenaire touche 4 000 €.
  • Traitez les remboursements. Décidez si un remboursement survenu après paiement réduit le versement suivant au partenaire. En général, il le devrait.
  • Fixez le calendrier. Mensuel, après le versement du prestataire de paiement, c'est courant. Payer avant que l'argent n'arrive vous expose.
  • Rendez des comptes. Partagez la liste des commandes et le calcul à chaque période.

Exemple chiffré avec une formation à 197 € vendue 100 fois dans le mois, répartie 50/50 sur le net :

  • Chiffre d'affaires brut : 19 700 €.
  • Frais de traitement à environ 1,5 % + 0,25 € : environ 321 €.
  • Trois remboursements : 591 €.
  • Net : 19 700 € - 321 € - 591 € = 18 788 €.
  • Chaque partenaire reçoit 9 394 €.

Repères et exemples

Quelques fourchettes observées dans l'économie des créateurs :

  • Les plateformes de vente qui prélèvent une commission prennent en général entre 0 % et 10 % en plus des frais de traitement, parfois moins sur les offres payantes.
  • Les stores d'applications mobiles prennent depuis longtemps 15 % à 30 % des ventes numériques intégrées.
  • Les commissions d'affiliation sur les produits numériques se situent souvent entre 20 % et 50 %, car une vente de plus ne coûte presque rien. Sur les produits physiques, 5 % à 15 % est plus courant.
  • Les répartitions entre co-créateurs vont de 50/50 pour un travail égal à 70/30 quand l'un apporte l'audience et l'autre le contenu.

Situations typiques :

  • Une graphiste et un photographe sortent un pack de presets à 39 € et se partagent le net à parts égales.
  • Un créateur de formation rémunère son monteur à 10 % des ventes la première année, au lieu d'une facture de 3 000 €.
  • Une marque reverse à une créatrice 15 % des ventes réalisées avec son code promo.

Erreurs fréquentes

  • Ne pas définir la base. « 40 % des ventes » laisse la porte ouverte aux désaccords sur les remboursements, les frais et les taxes.
  • Pas de date de fin. Une part qui court à vie sur un produit que vous avez refait seul devient injuste au bout de deux ans.
  • Confondre revenus et bénéfice. Une part généreuse sur un produit physique à faible marge peut rendre chaque vente déficitaire.
  • Payer avant d'être payé. Réglez les partenaires après le versement du prestataire et la fin du délai de remboursement, pas le jour de la vente.
  • Oublier la commission de la plateforme. 10 % pour la plateforme plus 40 % pour un partenaire vous laissent 50 % moins les frais de traitement, pas 60 %.

Bonnes pratiques

  • Mettez-le par écrit. Une page avec la base, le pourcentage, le calendrier, la durée et les conditions de sortie suffit pour la plupart des accords entre créateurs.
  • Préférez le net, clairement défini. Listez ce qui est déduit, pour que chacun puisse vérifier les chiffres.
  • Plafonnez ou dégressez la part. Par exemple 50 % la première année puis 30 %, ou une part jusqu'à un montant total convenu.
  • Suivez les ventes par partenaire. Un code promo unique par partenaire rend l'attribution simple et visible des deux côtés.
  • Limitez les frais de plateforme. Chaque point pris par la plateforme sort du gâteau que vous partagez. Comparez les vrais frais de transaction de chaque outil.
  • Envoyez un relevé chaque mois. Un export des commandes et le calcul, même si personne ne le demande.

Dans Roctify

Roctify ne prend aucune part de vos revenus. Les frais de transaction sont de 0 % sur toutes les offres, y compris la gratuite : le seul montant prélevé sur une vente, ce sont les frais de traitement de votre prestataire de paiement. Vous payez un prix mensuel fixe pour votre offre, pas un pourcentage qui grandit avec votre succès.

Roctify ne répartit pas les paiements automatiquement et ne gère pas de programme d'affiliation : c'est vous qui réglez les parts de vos partenaires après vos versements. Les outils vous aident à les calculer honnêtement. Créez un code promo par partenaire ou co-créateur pour voir quelles commandes il a générées, et avec l'offre Pro, exportez commandes et rapports pour partager les chiffres. L'offre Pro permet aussi d'ajouter des membres d'équipe, pour qu'une co-créatrice accède à la boutique sans partager vos identifiants.

FAQ

Quelle répartition est juste pour une formation créée à deux ?

Tout dépend de ce que chacun apporte. Si les deux créent le contenu et font la promotion à égalité, 50/50 sur le net est courant. Si l'un apporte l'audience et gère la vente, une répartition 60/40 ou 70/30 en sa faveur est habituelle.

Le partage des revenus vaut-il mieux qu'un forfait ?

Une part aligne les intérêts et ne coûte rien si rien ne se vend, ce qui convient aux lancements incertains. Un forfait revient moins cher quand les ventes sont élevées et se comptabilise plus simplement. Beaucoup d'accords combinent un petit forfait et une petite part.

Faut-il verser la part sur la TVA ?

En général non. La TVA collectée auprès de l'acheteur appartient à l'administration fiscale, pas à vous, et doit donc être exclue de la base. Écrivez-le noir sur blanc dans l'accord pour éviter toute confusion.